Trannoy

Publications

Talent, equality of opportunity and optimal non-linear income taxJournal articleAlain Trannoy, The Journal of Economic Inequality, Volume 17, Issue 1, pp. 5-28, 2019

We adopt a philosophical perspective of equality of opportunity and address the issue of whether outcome inequalities are legitimate when they come from differences in talent. We propose a cumulative definition of talent. In a dynamic setting, talent is a by-product of past-effort, current effort and innate talent, which becomes a residual as time goes by. It implies that talent can change from the status of a circumstance when people are young to an almost responsibility variable when people are getting older. We plug this definition of talent into the Mirrlees model of optimal non-linear income tax and we show that the conflict between the principle of compensation and the principle of natural reward boils down to the optimal income tax with Rawlsian weights in the second-best setting.

Les impôts pour ou contre la production / Taxes on production: The good, the bad and the uglyJournal articlePhilippe Martin et Alain Trannoy, Notes du conseil d’analyse économique, Volume 53, Issue 5, pp. 1-12, 2019

La France se distingue par un nombre et un niveau élevé d’impôts sur la production. Ceux-ci peuvent être particulièrement nocifs en raison des distorsions qu’ils engendrent tout au long de la chaine de production : ils affectent directement les décisions des entreprises en termes de choix des modes de production et de prix et peuvent donc pénaliser leur productivité et leur compétitivité. En outre, ils augmentent le point mort des entreprises et peuvent expliquer, avec d’autres facteurs, la relative atrophie du secteur productif français. Dans cette nouvelle Note du CAE, Philippe Martin et Alain Trannoy examinent trois impôts sur la production parmi les plus importants et recommandent, en s’appuyant sur des travaux empiriques, de supprimer en priorité la C3S dont la nocivité n’a pas d’égal dans notre système fiscal, puis de s’attaquer à la CVAE. Cette stratégie de réforme et simplification de la fiscalité des entreprises pourrait s’accompagner, si les marges financières ne sont pas suffisantes, par des mesures visant à obtenir des recettes publiques de substitution moins nocives.

The Impact of the ‘Scellier’ Income Tax Relief on Building Land Prices in France / Impact du dispositif Scellier sur les prix des terrains à bâtirJournal articlePierre-Henri Bono et Alain Trannoy, Economie et Statistique / Economics and Statistics, Issue 507-508, pp. 91-114, 2019

This study assesses the impact of a tax incentive scheme to boost private rental investment in force in France from 2009 to 2012, called the “Scellier scheme” (after the name of the minister who promoted it), on changes in the price of building land. A difference in differences estimation is implemented, drawing on data from the BNDP database covering the period 2004 2010. The definition of the control and treatment groups is based on the boundary between municipalities which are eligible for the Scellier scheme and municipalities which are not. The estimation results suggest that the scheme had an inflationary effect and point to land price capitalisation, with an increase in the price per square metre of around 7 euros in the first year and of 8 to 9 euros over 2009 and 2010, without a significant rise of the phenome¬non in the second year, i.e. an increase of 8% in the first year and of 9 to 10% after two years. The regions where the market was the tightest saw the most rapid price increase, particularly the Mediterranean region.

Un impôt immobilier tout en un : rendement, progressivité et faisabilitéJournal articleGuillaume Bérard et Alain Trannoy, Revue de l'OFCE, Volume 161, Issue 1, pp. 177-224, 2019

Nous étudions la faisabilité d’un impôt foncier unique (IFU) sur le patrimoine foncier et immobilier des ménages qui remplacerait tous les impôts existants portant sur ce type de patrimoine, en particulier, la taxe foncière, l’IFI, les DMTO, la taxe sur les plus-values immobilières et l’impôt sur les revenus fonciers perçus par les propriétaires bailleurs. La valeur du patrimoine net de la dette immobilière, moins un abattement sur la valeur de la résidence principale de 50 000 euros, serait taxée au taux de 1 % jusqu’au seuil de l’IFI (soit 1,3 million d’euros) et à hauteur de 1,5 % au-delà. Les recettes seraient partagées entre l’État et les collectivités territoriales au moyen d’un fonds de péréquation. Après avoir présenté les raisons qui légitiment notre proposition de réforme, nous procédons à une première évaluation du rendement de l’impôt et du profil de la charge fiscale en fonction du revenu, de la taille familiale et de l’âge en mobilisant l’enquête Patrimoine de l’INSEE. La décorrélation partielle des revenus et des patrimoines immobiliers permet difficilement d’en faire un grand impôt de rendement, même si la recette fiscale espérée est équivalente à la recette perdue des impôts remplacés. Un plafonnement de l’IFU en termes de revenu disponible briderait assez rapidement son rendement.

De l'utilité de l'impôt pour freiner l'effet de levier du « hors-bilan » des banques / About the Utility of Taxation to Curb the Impact of Leverage Effect of Banks Off-Balance SheetJournal articleJean-Paul Nicolaï et Alain Trannoy, Revue d'économie financière, Volume N° 131, Issue 3, pp. 151-169, 2018

[Fr] Les normes comptables IFRS ont intégré dans le bilan des banques l'essentiel des instruments financiers dérivés que nous considérons ici sous le terme de « hors-bilan », au prix d'une certaine invisibilité de leur « effet de levier ». Nous décrivons l'activité des banques de financement et d'investissement et montrons que ces instruments dérivés correspondent à une fonction d'intermédiation du risque dans l'économie où les banques ne « portent » pas ce risque au bilan, contrairement au métier bancaire traditionnel de « transformation ». Nous décrivons la banque comme une source d'« accroissement des possibles de la taille du marché » que nous définissons au préalable d'une manière générale. Une telle source, comme toute innovation, est synonyme de risque. Le « hors-bilan » bancaire apparaît dans ce cadre comme un effet de levier sans limite naturelle. Nous étudions alors ce que pourraient être des fiscalités adaptées à trois objectifs différents : corriger et capter les rentes, limiter le risque systémique, maîtriser l'« accroissement des possibles ». Une assiette considérant une mesure des engagements en valeur absolue associés aux positions sur les produits dérivés, dans le bilan des banques, paraît pertinente pour limiter l'accroissement des possibles et, partant de là, le risque.
[Eng] The accounting standard IRFS have integrated the bulk of derivatives (the off-balance sheet in this paper) in the balance sheet of the banks at the cost of masking their leverage effect. We describe the bank activity and we show that these derivatives correspond to a financial intermediation function of the banking system, which supplements the standard lending role of banks. We show that the banking activity naturally increases the possibility set of the capital market that we define in general terms. As all innovations, this increase bears additional risk. The off-balance sheet appears in this framework as bringing a leverage effect without natural limit. We study what could be the role of different types of taxes: first, correcting and capturing the rents, second, limiting the systemic risk, third, mastering the “growth of the feasible set”. A tax base consisting in financial liabilities (in absolute value) associated to positions on financial derivatives may be viewed as well-focused to limit the growth of the possibility set and therefore of the risk.

Taxation foncière redistributive : une fondation macroéconomique du georgismeJournal articleAlain Trannoy, Revue Française d'Économie, Volume 33, Issue 1, pp. 181-218, 2018

Les idées d’Henry George ont semblé être enterrées pendant plus d’un siècle. Sa principale idée était de financer un revenu de base au moyen d’une taxe prélevée uniquement sur la rente foncière. Après avoir montré que le retour du capital, tel que mis en avant par Thomas Piketty, peut plutôt s’interpréter comme un retour sur le devant de la scène de la rente foncière, nous construisons un modèle augmenté d’accumulation du capital à la Judd : les capitalistes possèdent de la terre qui est louée aux travailleurs pour qu’ils se logent, et en retour ceux-ci louent leur force de travail aux capitalistes. Nous montrons tout d’abord que la taxe sur le capital n’est pas une taxe de premier rang, puis qu’une taxe foncière ou une taxe d’habitation sont des taxes de premier rang qui permettent de financer un supplément de revenu aux travailleurs. En particulier, la taxe d’habitation est entièrement supportée par les propriétaires. Sa suppression devrait donc se traduire par une hausse des loyers. Si la terre urbaine est en quantité fixe, les loyers, y compris les loyers imputés, augmentent en proportion du revenu national pour une élasticité de la quantité de logement par rapport au loyer relativement inélastique (inférieure à 1) quand la population augmente. En conclusion, nous abordons le volet préconisations en matière fiscale auquel conduit ce type d’analyse, en évoquant la suppression de la taxe d’habitation, la création de l’impôt sur la fortune immobilière et la cotisation foncière des entreprises.

Is high-skilled migration harmful to tax systems’ progressivityJournal articleLaurent Simula et Alain Trannoy, IZA World of Labor, pp. 423-423, 2018

Decreased transportation costs have led to the transmission of ideas and values across national borders that has helped reduce the barriers to international labor mobility. In this context, high-skilled individuals are more likely to vote with their feet in response to high income taxes. It is thus important to examine the magnitude of tax-driven migration responses in developed countries as well as the possible consequences of income tax competition between nation states. More specifically, how does the potential threat of migration affect a country’s optimal income tax policies?

Neighbor discrimination theory and evidence from the French rental marketJournal articlePierre-Philippe Combes, Bruno Decreuse, Benoît Schmutz et Alain Trannoy, Journal of Urban Economics, Volume 104, Issue C, pp. 104-123, 2018

This paper describes a novel concept of customer discrimination in the housing market, neighbor discrimination. We develop a matching model with ethnic externalities in which landlords differ in the number of apartments they own within the same building. Larger landlords are more likely to discriminate only if some tenants are prejudiced against the minority group. Observing that minority tenants are less likely than majority group tenants to live in a building with a single large landlord is thus evidence of neighbor discrimination. We show empirically that African immigrants in France are significantly less likely to live in a building owned by a single landlord. This increases the probability that African immigrants live in public housing in localities with more single-landlord private apartment blocks.

Book review of "Success and Luck: good fortune and the myth of meritocracy" Robert H. Frank, Edited by Princeton University Press, 2016. pp187.Journal articleAlain Trannoy, The Journal of Economic Inequality, Volume 16, Issue 1, pp. 123-125, 2018
Social Justice, Well-Being and Economic OrganizationBook chapterGianluca Grimalda, Fernando Filgueira, Marc Fleurbaey, Katherine gibson, Carol Graham, Rubén Lo Vuolo, Kalle Moene, Reema Nanavaty, Hiroshi Ono, John Roemer, et al., 2018-07, Volume Volume 1: Socio-Economic Transformations, pp. Ch8:313-355, Cambridge University Press, 2018
Egalitarian redistribution in the era of hyper-globalizationJournal articleGianluca Grimalda, Alain Trannoy, Fernando Filgueira et Karl Ove Moene, Review of Social Economy, pp. 1-34, Forthcoming

Two traditional theorems of welfare economics posit a trade-off between a government redistribution targets and efficiency. We propose a third ‘claim’ of welfare economics, stating that in closed economies the actual efficiency costs associated with redistribution are small. We then examine the claim in the current phase of ‘hyper-globalization’. On the one hand, a race-to-the-bottom in taxation restricts the capacity to tax high-earners and the associated brain drain may affect a country’s long-run growth. On the other hand, demand for social insurance should be particularly high in an open economy, especially with advancing digitalization. Xenophobic sentiments may, however, offset this demand. We also discuss the impact of globalization on wage equalization and productive efficiency. We conclude against the idea that the welfare state is intrinsically unable to carry out its redistributive function in an era of globalization. However, its strategies and tools of intervention must be rethought.