Un « nouveau modèle de croissance économique » pour l’Algérie

Presse / expertise
Dans une tribune au « Monde », l’économiste Raouf Boucekkine rappelle l’épisode de tentative de réforme économique menée entre 2014 et 2017, qui s’était enlisée dans les contradictions d’un régime déjà incapable de gérer la crise générée par la chute des cours du pétrole.
13 mars 2019

Les événements d’Algérie sont, pour l’observateur de l’économie de ce pays que je suis, prodigieux à bien des égards. D’abord parce que, comme bien d’autres, je considérais cette révolte comme hautement improbable venant d’un peuple d’abord soumis à la barbarie terroriste pendant plus de dix ans, puis lourdement conditionné par le torrent de subventions déversé par le pouvoir pendant l’embellie pétrolière, et même après le contre-choc pétrolier de 2014.

Ensuite, parce que je m’étais convaincu, au bout de mon expérience au sein d’une task force d’experts réunie par l’ex-premier ministre Abdelmalek Sellal entre novembre 2015 et mai 2017, que seule la contrainte externe pouvait amener le régime à accepter des réformes structurelles. A l’époque, je pensais « réformes économiques », et je voyais le Fonds monétaire international (FMI) dans le rôle de père Fouettard. Mais je ne pensais pas qu’une révolte populaire pourrait conduire à revisiter les fondements mêmes de la République algérienne.

Lire la tribune de Raouf Boucekkine, Aix-Marseille Université, IMéRA, AMSE, dans Le Monde

 

Articles précédents

  • Dialogues économiques

Une relation ambivalente entre sida et éducation ?

Alors que l’Afrique sub-saharienne connaît les plus forts taux de SIDA au monde, les systèmes sociaux de santé peinent à se démocratiser et l’inégalité d’accès aux soins persiste. Renaud Bourlès, Bruno Ventelou et Maame Esi Woode montrent qu’au-delà des effets directs liés aux conséquences de la maladie, l’épidémie influence également l’éducation des enfants, via le comportement des parents face au risque de la contracter.
06 janvier 2020
  • Dialogues économiques

Colonisation et mondialisation : une histoire de taille

La taille peut en dire long. Pendant la première période de la mondialisation, à la fin du XIXème siècle, les Philippins ont perdu jusqu’à 1,5 centimètres par rapport à leurs aïeux, témoin probable de la dégradation des conditions de vie et de la sous-alimentation. La croissance économique ne semble pas profiter à tous de la même manière, surtout pour les peuples colonisés.
18 décembre 2019
  • Conférences

Santé, Environnement, économie : ces objectifs sont-ils incompatibles ?

L'économie est souvent associée aux entreprises, au marché, aux échanges marchands. Comment mesurer alors les avantages économiques de déterminants du bien-être comme la santé, l’éducation ou l’environnement qui sont a priori non-marchands ? Dominique Ami, maître de conférences en économie à Aix-Marseille Université et chercheure à Aix-Marseille School of Economics (AMSE) est intervenue sur cette question dans le cadre des conférences Sciences Echos destinées à un public scolaire.
19 novembre 2019