« Investir dans les infrastructures des pays en développement est perçu comme un risque, ne pas le faire en ferait courir un plus grand »

Op-Ed
Only in French | In an article for "Le Monde", Gilles Dufrénot (AMSE / AMU) explains that private creditors must help poor countries for rich countries to get out of the current economic stagnation.
December 14th 2021

Dans une tribue au "Monde", Gilles Dufrénot (AMSE / AMU) explique que les créanciers privés doivent aider les pays pauvres pour permettre aux pays riches de sortir de l’actuelle stagnation économique.

 

➤ La tribune a été publiée dans « Le Monde » le 14 décembre 2021 : lire la tribune complète

 

"Cela fait quasiment trois décennies que les économies industrialisées peinent à sortir d’une situation de « stagnation prolongée ». Les signaux en sont les suivants : les taux de croissance potentiels sont bas, les taux d’inflation également, la croissance des salaires a été faible et reste en deçà de celle de la productivité du travail.

Par ailleurs, l’investissement productif a plongé et reste bas, les marchés financiers sont gorgés de liquidités insuffisamment dirigés vers l’économie productive. Enfin, les gains de productivité décroissent, y compris aux Etats-Unis, pays qui reste le plus avancé sur le plan technologique.

Un leurre

Ce phénomène a longtemps été masqué par deux facteurs.


Le premier a été la croissance phénoménale de la Chine au cours des vingt-cinq dernières années, qui a soutenu la demande mondiale.


Le second a été le surendettement du secteur privé qui a artificiellement dopé la consommation.

Les économies des pays industrialisés se retrouvent d’autant plus piégées dans des équilibres de sous-emploi durables que les crises à répétition (crise financière de 2008, crise des dettes publiques européennes, crises sanitaires) ont deux effets nocifs : elles prolongent les durées des récessions, et surtout, font s’affaisser les trajectoires de croissance potentielle que les gains de productivité et les innovations maintiennent à peine.

Penser que l’on pourra sortir de ces situations par des endettements publics massifs, en inondant les marchés financiers de liquidités, ou en contraignant des pays pauvres à commercer grâce à des accords régionaux est un leurre.

Une solution plus soutenable est de provoquer un choc de demande mondiale de grande ampleur. Ce choc ne peut venir que des pays en développement. Les regards se tournent vers l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est où les besoins de développement nécessitent la construction massive d’infrastructures dans tous les secteurs d’activité (la santé, les transports, l’énergie, le numérique). L’essentiel du financement de ces infrastructures sera fourni par des capitaux privés. (...)"

Previously issued

  • Expertise

How to fight tax fraud ?

In this book, economists Nicolas Jacquemet (Univ. Paris 1 / PSE), Stéphane Luchini (CNRS / AMSE) and Antoine Malézieux (Univ. Exeter / TARC) analyze tax fraud through the prism of behavioral economics. Available in French bookstores.
September 01st 2020
  • Dialogues économiques

Let’s (De)Centralize Public Goods!

Should we favor large metropolises over small communities? According to standard economic theory, the answer is yes, since centralizing helps reduce expenses. However, when public authorities lack some of the relevant information, opting for a federal structure that allows redistribution between many small towns may be the way to go. Researchers Nicolas Gravel and Michel Poitevin demonstrate this by studying the distribution of public and private goods in both federal and centralized structures.
September 16th 2020
  • Expertise

French version of Carl Menger's "Principles of Economics"

First complete edition of a major works of contemporary economics. Translated from german (Austria) and edited by Gilles Campagnolo.
September 15th 2020