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Abstract Bien que les canicules soient les événements climatiques extrêmes les plus importants en termes de mortalité, leurs impacts sont rarement considérés sous un angle économique. Cette méconnaissance, couplée à une perception du risque qui demeure faible, s'avère un frein à l'action en matière d'adaptation. Nous proposons une évaluation monétaire des impacts sanitaires des canicules en France métropolitaine entre 2015 et 2020. Méthode - Les indicateurs sanitaires suivis dans le cadre du Plan national canicule ont été utilisés pour appréhender les coûts des passages aux urgences et consultations SOS Médecins pour une sélection de causes liées à la chaleur. La mortalité en excès et la perte d'espérance de vie ont également été valorisées économique ment, ainsi que la perte de bien-être due aux restrictions d'activité. Une approche fondée sur le coût total de la maladie (coût direct, indirects et intangibles) et le consentement à payer a été utilisée. Résultats - Entre 2015 et 2020, les impacts sanitaires étudiés représentent au total, selon la méthode choisie, autour de 22 ou de 37 milliards €. La mortalité en excès est majoritaire (16 milliards € lorsqu'exprimée en années de vie perdues, ou 30 milliards € lorsqu'exprimée à partir des décès en excès) et la restriction d'activité est évaluée à environ 6 milliards €. Conclusions - Cette étude permet de mieux objectiver l'impact économique de ces événements climatiques extrêmes. Dans un contexte où les évolutions climatiques annoncent un accroissement des températures et des phénomènes de vagues de chaleur, pouvant conduire à une aggravation des impacts, ces résultats obtenus soulignent encore l'importance et l'urgence de mesures d'action permettant de renforcer l'adaptation aux canicules.
Keywords Mortality, Health impacts of health, Economic assessment, Climate change, Heatwave, Canicule, Mortalité, Impacts sanitaires de la chaleur, Évaluation économique, Changement climatique
Abstract The relationship between public debt, growth and volatility is investigated in a Barro-type (1990) endogenous growth model, with three main features: we consider a small open economy, international borrowing is constrained and households have taste for domestic public debt. Therefore, capital, public debt and the international asset are not perfect substitutes and the economy is characterized by an investment multiplier. Whatever the level of the debt-output ratio, the existing BGP features expectation-driven fluctuations. If the debt-output ratio is low enough, there is also a second BGP with a lower growth rate. Hence, a lower debt does not stabilize the economy with credit market imperfections. However, a high enough taste for domestic public debt may rule out the BGP with lower growth. This means that if the share of public debt held by domestic households is high enough, global indeterminacy does not occur.
Keywords Indeterminacy, Credit constraint, Public debt, Small open economy
Abstract This paper investigates how large shocks on the Egyptian labor market following the 2011 uprising impacted youths’ time allocation. We estimate the effects of reported changes in the father’s working conditions on youths’ work participation and school enrollment in bivariate probit models, using the 2012 round of the Egypt Labor Market Panel Survey. Our contribution lies in exploring the association between mother’s empowerment and shock transmission. We find that reported positive changes reduce daughters’ participation in intensive domestic work but only when the mother has a high level of bargaining power. This suggests that a woman’s say in household decisions can affect the reallocation of resources following a change in the family income.
Abstract Il est courant d’entendre s’exprimer un sentiment de rejet face à l’intervention des économistes dans le système de santé. D’aucuns diront notamment que le secteur de la santé est un « secteur à part », qui n’est pas susceptible de régulation économique. Pendant la crise de la COVID-19, cette idée s’est traduite par l’opposition stérile entre la lutte contre l’épidémie et la défense de l’activité économique, présentées comme deux objectifs nécessairement rivaux. Le premier serait l’apanage des seuls médecins, désireux de réduire la mortalité par COVID-19, tout en préservant les capacités hospitalières, et de facto ardents défenseurs du confinement. Le second apparaitrait comme l’étendard des économistes qui ne verraient dans la sauvegarde du PIB que l’unique objectif d’une société développée et épanouie… Pourtant la crise de la COVID-19 a souligné, parfois avec cruauté, certaines insuffisances du système de santé français. Elle a jeté la lumière sur l’absence de stratégie globale de gestion du risque sanitaire et la difficulté de prendre des décisions adaptées à un niveau infranational. Elle a enfin exacerbé la rigidité d’un système de soins centralisé, spécialiste de la prise en charge de malades chroniques à l’hôpital public. Mais elle a aussi été porteur d’espoir en révélant une véritable capacité d’adaptation des professionnels de santé à l’hôpital et en ville et des industriels pharmaceutiques, accélérant les processus d’innovation thérapeutique et technologique, de coordination des acteurs et de production de vaccins à une échelle internationale. Pour faire face à cette crise, dans les premiers mois de la crise sanitaire, une logique médicale à court terme s’est imposée, reléguant au second plan toute autre forme de critère de jugement. L’objectif unique affiché est d’une déconcertante simplicité : réduire la mortalité par COVID-19, « quoi qu’il en coûte ». L’objectif de santé n’aurait donc plus de limite, exonérant ainsi l’individu ou la société de tout arbitrage personnel ou collectif, au motif, tantôt d’une supposée gratuité, tantôt de l’absolue priorité. La pertinence même de l’apport des sciences humaines et sociales, en particulier de l’économie, serait alors réduite à peau de chagrin… Au moment où se polarisent ces convictions et se figent ces croyances, il semble, aujourd’hui plus que jamais, nécessaire qu’un ouvrage en économie de la santé puisse éclairer les débats qui traversent le système de santé afin de promouvoir le recours plus systématique à l’évaluation médico-économique comme outil de régulation « fine » des dépenses de santé. De nombreux défis sont à relever parmi lesquels : le financement et la régulation des dépenses de santé, l’accès aux soins primaires sur tout le territoire, le manque de coordination entre médecine de ville et hôpital, d’une part, et entre soins et médico-social, d’autre part ; le déficit de prévention et l’invisibilité de la santé publique ; les inégalités sociales de santé et d’accès aux soins ou encore la surconsommation de tabac et d’alcool. Ces défis interrogent chacun des acteurs du système de santé (patients, offreurs de soins, industriels…). A l’occasion de ses 30 ans, le Collège des Économistes de la santé, la société savante française d’économie de la santé, propose un ouvrage collectif réunissant 30 contributeurs et ambitionne d’analyser et de disséquer les principaux défis auxquels le système de santé fait face à travers 15 chapitres. De façon dépassionnée, et sur la base d’une littérature académique nationale et internationale particulièrement étoffée, il tente également de proposer des pistes de recommandations pour améliorer le système.
Abstract This paper studies the impact of migration and workers’ remittances on human capital and economic growth when young individuals face debt constraints to finance education. We consider an overlapping generations model à la de la Croix and Michel (2007). In this no-commitment setting, education is the engine of growth. Individuals may choose to default on their debt and be excluded from the asset market. We show that remittances tend to tighten the borrowing constraints for a given level of interest rate, but may enhance growth at the equilibrium. The model replicates both negative and positive impacts of migration and remittances on economic growth underlined by the empirical literature. We calibrate the model for 30 economies.
Keywords Indeterminacy, Borrowing constraints, Human capital, Overlapping generations, Remittances, Migration
Abstract This paper is a tribute for Carine Nourry for this special issue of Mathematical Social Sciences.
Keywords Deep and endearing person, Director of the school AMSE, Internationally recognized
Abstract Historically and in many parts of the developing world, ethnic minorities have played a central role in the economy. Examples include Chinese throughout South-east Asia, Indians in East Africa, and Jews in medieval Europe. These rich minorities are often subject to popular violence and extortion, and are treated ambiguously by local politicians. We analyse the impact of the presence of a rich ethnic minority on violence and on interactions between a rent-seeking local elite and a poor majority. We find that the local elite can always make use of the rich minority to maintain its hold on power. When the threat of violence is high, the government may change its economic policies strategically to sacrifice the minority to popular resentment. We investigate the conditions under which such instrumental scapegoating emerges, and the forms it takes. We then introduce some social integration, capturing, for instance, mixed marriages and shared education. Social integration reduces violence and yields qualitative changes in economic policies. Overall, our results help to explain documented patterns of violence and segregation.
Keywords Scapegoat, Ethnic minority, Popular violence, Elites
Abstract Why do some societies have political institutions that support productively inefficient outcomes? And why does the political power of elites vested in these outcomes often grow over time, even when they are unable to block more efficient modes of production? We propose an explanation centered on the interplay between political and cultural change. We build a model in which cultural values are transmitted inter-generationally. The cultural composition of society, in turn, determines public-goods provision as well as the future political power of elites from different cultural groups. We characterize the equilibrium of the model and provide sufficient conditions for the emergence of cultural revivals. These are characterized as movements in which both the cultural composition of society as well as the political power of elites who are vested in productively inefficient outcomes grow over time. We reveal the usefulness of our framework by applying it to two case studies: the Jim Crow South and Turkey’s Gülen Movement.
Keywords Institutional change, Cultural transmission, Cultural beliefs, Institutions