Christian Lazzeri

economic philosophy seminar
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Christian Lazzeri

Université Paris Ouest
Justice et reconnaissance : une discussion avec John Rawls
Venue

FAC Ferry Salle de réunion

Faculté Jules Ferry - Salle de réunion

Faculté d'Économie et de Gestion
14, av. Jules Ferry
13621 Aix-en-Provence

Date(s)
Wednesday, March 16 2016| 4:00pm to 6:00pm
Contact(s)

Gilles Campagnolo: gilles.campagnolo[at]univ-amu.fr
Philippe Grill: philippe.grill[at]univ-amu.fr
Feriel Kandil: feriel.kandil[at]univ-amu.fr

Abstract

On se propose dans cette conférence d'examiner les rapports entre justice et reconnaissance dans le cadre de la théorie de la justice de John Rawls. Il est entendu que Rawls n'est pas un théoricien de la reconnaissance comme le sont Axel Honneth, Nancy Fraser ou Charles Taylor, mais cela ne signifie nullement que sa théorie, comme d'ailleurs d'autres théories de la justice, aurait négligé cette dimension fondamentale de la vie sociale. Qu'il s'agisse de la théorie des sphères de justice, de la théorie de la justice restaurative, de la théorie de la justice transitionnelle ou, plus généralement de la théorie de la justice méritocratique, toutes ces constructions théoriques se sont de près ou de loin intéressées à la construction de principes de justice qui prennent en compte les phénomènes de reconnaissance. De ce point de vue, la théorie rawlsienne n'échappe pas à la règle. À partir d'un couplage entre l'exercice du «principe aristotélicien », la théorie des pouvoirs moraux et le concept de bien premier Rawls a tenté d'établir à titre de conditions incontournables de sa construction de la théorie de la justice que le respect de soi ou l'estime de soi constituent des méta bien premiers qui, s'ils ne peuvent être directement distribués comme des droits civils et politiques accompagnent nécessairement la distribution des droits au titre de « bases sociales du respect de soi ». Ce type de distribution juridique indexe évidemment la théorie rawlsienne sur le concept de « liberté négative ». La conférence propose, dans un premier temps, d'étudier la manière dont les pratiques informelles de reconnaissance rendent possible l'inclusion du respect de soi et de l'estime de soi parmi les méta biens premiers. Elle se demande, dans un second temps, en discutant certaines objections, de quelle manière il est possible de produire les bases sociales du respect de soi à partir d'un concept de liberté négative qui traverse tout le dispositif institutionnel de la théorie de la justice. Elle cherche, dans un troisième temps, à évaluer la validité d'une telle tentative au niveau des deux principes de justice et de leurs sous parties.