Ventelou

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Le système de santé français aujourd'hui : enjeux et défisBookThomas Barnay, Anne-Laure Samson and Bruno Ventelou (Eds.), 2021-07, 370 pages, EP Eska Publishing, 2021

Il est courant d’entendre s’exprimer un sentiment de rejet face à l’intervention des économistes dans le système de santé. D’aucuns diront notamment que le secteur de la santé est un « secteur à part », qui n’est pas susceptible de régulation économique. Pendant la crise de la COVID-19, cette idée s’est traduite par l’opposition stérile entre la lutte contre l’épidémie et la défense de l’activité économique, présentées comme deux objectifs nécessairement rivaux. Le premier serait l’apanage des seuls médecins, désireux de réduire la mortalité par COVID-19, tout en préservant les capacités hospitalières, et de facto ardents défenseurs du confinement. Le second apparaitrait comme l’étendard des économistes qui ne verraient dans la sauvegarde du PIB que l’unique objectif d’une société développée et épanouie…
Pourtant la crise de la COVID-19 a souligné, parfois avec cruauté, certaines insuffisances du système de santé français. Elle a jeté la lumière sur l’absence de stratégie globale de gestion du risque sanitaire et la difficulté de prendre des décisions adaptées à un niveau infranational. Elle a enfin exacerbé la rigidité d’un système de soins centralisé, spécialiste de la prise en charge de malades chroniques à l’hôpital public.
Mais elle a aussi été porteur d’espoir en révélant une véritable capacité d’adaptation des professionnels de santé à l’hôpital et en ville et des industriels pharmaceutiques, accélérant les processus d’innovation thérapeutique et technologique, de coordination des acteurs et de production de vaccins à une échelle internationale.
Pour faire face à cette crise, dans les premiers mois de la crise sanitaire, une logique médicale à court terme s’est imposée, reléguant au second plan toute autre forme de critère de jugement. L’objectif unique affiché est d’une déconcertante simplicité : réduire la mortalité par COVID-19, « quoi qu’il en coûte ». L’objectif de santé n’aurait donc plus de limite, exonérant ainsi l’individu ou la société de tout arbitrage personnel ou collectif, au motif, tantôt d’une supposée gratuité, tantôt de l’absolue priorité. La pertinence même de l’apport des sciences humaines et sociales, en particulier de l’économie, serait alors réduite à peau de chagrin…
Au moment où se polarisent ces convictions et se figent ces croyances, il semble, aujourd’hui plus que jamais, nécessaire qu’un ouvrage en économie de la santé puisse éclairer les débats qui traversent le système de santé afin de promouvoir le recours plus systématique à l’évaluation médico-économique comme outil de régulation « fine » des dépenses de santé.
De nombreux défis sont à relever parmi lesquels : le financement et la régulation des dépenses de santé, l’accès aux soins primaires sur tout le territoire, le manque de coordination entre médecine de ville et hôpital, d’une part, et entre soins et médico-social, d’autre part ; le déficit de prévention et l’invisibilité de la santé publique ; les inégalités sociales de santé et d’accès aux soins ou encore la surconsommation de tabac et d’alcool. Ces défis interrogent chacun des acteurs du système de santé (patients, offreurs de soins, industriels…).
A l’occasion de ses 30 ans, le Collège des Economistes de la santé, la société savante française d’économie de la santé, propose un ouvrage collectif réunissant 30 contributeurs et ambitionne d’analyser et de disséquer les principaux défis auxquels le système de santé fait face à travers 15 chapitres. De façon dépassionnée, et sur la base d’une littérature académique nationale et internationale particulièrement étoffée, il tente également de proposer des pistes de recommandations pour améliorer le système.

Online study of health professionals about their vaccination attitudes and behavior in the COVID-19 era: addressing participation biasJournal articlePierre Verger, Dimitri Scronias, Yves Fradier, Malika Meziani and Bruno Ventelou, Human Vaccines & Immunotherapeutics, Volume 17, Issue 9, pp. 2934-2939, 2021

Online surveys of health professionals have become increasingly popular during the COVID-19 crisis because of their ease, speed of implementation, and low cost. This article leverages an online survey of general practitioners’ (GPs’) attitudes toward the soon-to-be-available COVID-19 vaccines, implemented in October–November 2020 (before the COVID-19 vaccines were authorized in France), to study the evolution of the distribution of their demographic and professional characteristics and opinions about these vaccines, as the survey fieldwork progressed, as reminders were sent out to encourage them to participate. Focusing on the analysis of the potential determinants of COVID-19 vaccine acceptance, we also tested if factors related to survey participation biased the association estimates. Our results show that online surveys of health professionals may be subject to significant selection bias that can have a significant impact on estimates of the prevalence of some of these professionals’ behavioral, opinion, or attitude variables. Our results also highlight the effectiveness of reminder strategies in reaching hard-to-reach professionals and reducing these biases. Finally, they indicate that weighting for nonparticipation remains indispensable and that methods exist for testing (and correcting) selection biases.

Physicians’ incentives to adopt personalised medicine: Experimental evidenceJournal articleDavid Bardey, Samuel Kembou and Bruno Ventelou, Journal of Economic Behavior & Organization, Volume 191, pp. 686-713, 2021

We study physicians’ incentives to use personalised medicine techniques, replicating the physician’s trade-offs under the option of personalised medicine information. In a laboratory experiment conducted in two French Universities, prospective physicians played a real-effort game. We vary both the information structure (free access versus paid access to personalised medicine information) and the payment scheme (pay-for-performance (P4P), capitation (CAP) and fee-for-service (FFS)), implementing a within-subject design. Our results are threefold: (i) Compared to FFS and CAP, the P4P scheme strongly and positively impacts the decision to adopt personalised medicine. (ii) Although expected to dominate the other schemes, P4P is not always efficient in transforming free access to personalised medicine into higher quality of care. (iii) When it has to be paid for and after controlling for self-selection, personalised medicine is positively associated with quality, suggesting that subjects tend to make better use of information that comes at a cost. We find this effect to be stronger for males than for females prospective physicians. Quantification of our results however suggests that this positive impact is not strong enough to justify generalising the payment for personalised medicine access. Finally, we develop a theoretical model that includes in its set-up a commitment device component, which is the mechanism that we inferred from the data of the experiment. Our model replicates the principal results of the experiment, reinforcing the interpretation that the higher quality provided by subjects who bought personalised medicine can be interpreted as a commitment device effect.

Comment les migrations affectent-elles la mortalité infanto-juvénile en zone rurale ? L’exemple de Niakhar, SénégalJournal articleUlrich Nguemdjo and Bruno Ventelou, Population, Volume 76, Issue 2, pp. 359-387, 2021

Explorant les riches données longitudinales fournies par l’Observatoire de santé et de population de Niakhar, cette étude examine les effets des migrations sur la mortalité infanto-juvénile dans les familles rurales restées au village. Les migrations, en particulier de courte durée, sont associées de manière positive aux chances de survie des enfants de moins de cinq ans au sein du ménage. On constate également que les déplacements de courte durée des femmes d’âge actif ont plus d’incidences sur la mortalité des enfants que ceux de leurs homologues masculins. De surcroît, des effets croisés sont identifiés entre ménages de la même concession, ce qui est conforme à l’idée que les familles rurales africaines partagent les gains de l’émigration avec une communauté étendue de voisins. Enfin, l’effet des migrations maternelles de courte durée sur la survie des enfants de moins de cinq ans demeure globalement positif, mais nettement plus modeste. L’émigration de la mère, en particulier pendant la grossesse, semble améliorer la probabilité de survie des enfants juste après la naissance, mais celle-ci tend à diminuer après l’âge d’un an et lorsque la mère est absente.

Vers une couverture sanitaire universelle au Sénégal : quelles sont les meilleures stratégies de financement ?Journal articleSameera Awawda, Mohammad Abu-Zaineh and Bruno Ventelou, Revue internationale des études du développement, Volume 247, Issue 3, pp. 37-60, 2021

Cette étude a pour objectif d’évaluer différents modes de financement de la couverture santé universelle au Sénégal. La méthode utilisée, la micro-simulation, permet d’examiner l’impact de différents scenarii sur les consommations des ménages ainsi que sur les dépenses publiques. Les résultats montrent que la généralisation d’une assurance-maladie à l’ensemble de la population, associée à une réduction des coûts directs des soins, augmenterait les consommations de soins des Sénégalais, améliorant donc leur accès aux services de santé. Néanmoins, une telle généralisation serait coûteuse pour les finances publiques. Pour limiter les coûts supportés par le gouvernement, l’augmentation du taux d’imposition sur la consommation et de la prime de contribution à l’assurance-maladie serait utile et permettrait de ramener les finances publiques à l’équilibre.

Reassessing the demand for community-based health insurance in rural Senegal: Geographic distance and awarenessJournal articleMârwan-al-Qays Bousmah, Sylvie Boyer, Richard Lalou and Bruno Ventelou, SSM - Population Health, Volume 16, pp. 100974, 2021

Limited access to information is one of the main health insurance market imperfections in developing countries. Differential access to information may determine individuals’ awareness of health insurance schemes, thereby influencing their probability of enrollment. Relying on primary data collected in 2019–2020 in rural Senegal, we estimate the uptake of community-based health insurance using a Heckman-type model to correct for awareness-based sample selection bias. Besides showing that health insurance awareness is a precondition for effective enrollment in community-based health insurance schemes, we also bring new evidence on the roles which geographic factors and individual risk preference play in health insurance uptake by rural dwellers. We show that geographic distance prevents individuals from accessing information on health insurance schemes, and discourage those who are informed from enrolling, because of the additional distance they must travel to benefit from covered healthcare services. Results also show that individual risk preference influences health insurance uptake, but only when information barriers are taken into account. Overall, our results could help decision-makers better shape the universal health coverage roadmap, as policies to improve health insurance awareness differ substantially from policies to improve the features of health insurance schemes.

Vers une couverture sanitaire universelle au Sénégal : quelles sont les meilleures stratégies de financement ?Journal articleSameera Awawda, Mohammad Abu-Zaineh and Bruno Ventelou, UnisSahel - Couverture Universelle en Santé au Sahel, pp. 4, 2020

Cette étude a pour objectif d’évaluer différents modes de financement de la couverture santé universelle au Sénégal. La méthode utilisée, la micro-simulation, permet d’examiner l’impact de différents scenarii sur les consommations des ménages ainsi que sur les dépenses publiques. Les résultats montrent que la généralisation d’une assurance-maladie à l’ensemble de la population, associée à une réduction des coûts directs des soins, augmenterait les consommations de soins des Sénégalais, améliorant donc leur accès aux services de santé. Néanmoins, une telle généralisation serait coûteuse pour les finances publiques. Pour limiter les coûts supportés par le gouvernement, l’augmentation du taux d’imposition sur la consommation et de la prime de contribution à l’assurance-maladie serait utile et permettrait de ramener les finances publiques à l’équilibre.

Pay Gap Between Male And Female Physicians: A letter to the editor about the pay gap between male and female physicians.Journal articleWilliam B. Weeks and Bruno Ventelou, Health Affairs, Volume 39, Issue 5, pp. 906, 2020

-No abstract available-

How will the main risk factors contribute to the burden of non-communicable diseases under different scenarios by 2050? A modelling studyJournal articleMarion Devaux, Alienor Lerouge, Giovanna Giuffre, Susanne Giesecke, Sara Baiocco, Andrea Ricci, Francisco Reyes, David Cantarero, Bruno Ventelou and Michele Cecchini, PLoS ONE, Volume 15, Issue 4, pp. e0231725, 2020

Background:
The future burden of non-communicable diseases (NCDs) depends on numerous factors such as population ageing, evolution of societal trends, behavioural and physiological risk factors of individuals (e.g. smoking, alcohol use, obesity, physical inactivity, and hypertension). This study aims to assess the burden of NCDs in Europe by 2050 under alternative scenarios.

Methods:
This study combines qualitative and quantitative forecasting techniques to examine how population health in Europe may evolve from 2015 to 2050, taking into account future societal trends. Four scenarios were developed (one business-as-usual scenario, two response scenarios and one pessimistic scenario) and assessed against 'best' and 'worst'-case scenarios. This study provides quantitative estimates of both diseases and mortality outcomes, using a microsimulation model incorporating international survey data.

Findings:
Each scenario is associated with a different risk factor prevalence rate across Europe during the period 2015-2050. The prevalence and incidence of NCDs consistently increase during the analysed time period, mainly driven by population ageing. In more optimistic scenarios, diseases will appear in later ages, while in the pessimistic scenarios, NCDs will impair working-age people. Life expectancy is expected to grow in all scenarios, but with differences by up to 4 years across scenarios and population groups. Premature mortality from NCDs will be reduced in more optimistic scenarios but stagnate in the worst-case scenario.

Interpretation:
Population ageing will have a greater impact on the spread of NCDs by 2050 compared to risk factors. Nevertheless, risk factors, which are influenced by living environments, are an important factor for determining future life expectancy in Europe.

Inequity in access to personalized medicine in France: Evidences from analysis of geo variations in the access to molecular profiling among advanced non-small-cell lung cancer patients: Results from the IFCT Biomarkers France StudyJournal articleSamuel Kembou Nzale, William B. Weeks, L’Houcine Ouafik, Isabelle Rouquette, Michèle Beau-Faller, Antoinette Lemoine, Pierre-Paul Bringuier, Anne-Gaëlle Le Corolle Soriano, Fabrice Barlesi and Bruno Ventelou, PLoS ONE, Volume 15, Issue 7, pp. e0234387, 2020

In this article, we studied geographic variation in the use of personalized genetic testing for advanced non-small cell lung cancer (NSCLC) and we evaluated the relationship between genetic testing rates and local socioeconomic and ecological variables. We used data on all advanced NSCLC patients who had a genetic test between April 2012 and April 2013 in France in the frame of the IFCT Biomarqueurs-France study (n = 15814). We computed four established measures of geographic variation of the sex-adjusted rates of genetic testing utilization at the “départment” (the French territory is divided into 94 administrative units called ‘départements’) level. We also performed a spatial regression model to determine the relationship between département-level sex-adjusted rates of genetic testing utilization and economic and ecological variables. Our results are the following: (i) Overall, 46.87% lung cancer admission patients obtained genetic testing for NSCLC; département-level utilization rates varied over 3.2-fold. Measures of geographic variation indicated a relatively high degree of geographic variation. (ii) there was a statistically significant relationship between genetic testing rates and per capita supply of general practitioners, radiotherapists and surgeons (negative correlation for the latter); lower genetic testing rates were also associated with higher local poverty rates. French policymakers should pursue effort toward deprived areas to obtain equal access to personalized medicine for advanced NSCLC patients.